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Pierre MURGIER : le vin et les fruits à St Maximin PDF Imprimer Envoyer
Pierre MURGIER a 85 ans, mais toujours le regard et l'esprit vifs, la mémoire aiguisée... Il a accepté de nous raconter quelques souvenirs de Saint-Maximin... il y a quelques années de ça.

 

Murgier-PierreJuste après la seconde guerre mondiale, le travail des champs était rude, même si l'on utilisait beaucoup les animaux, essentiellement des bœufs, animaux moins fragiles que le cheval, mais qui devaient tirer à deux. On les utilisait pour labourer, charrier le foin...Le problème, c'est qu'il fallait les dresser... Eh oui ! Rien que pour leur faire accepter de marcher à deux, de se faire passer la « Joucle », cette lanière de cuir qui permettait d'attacher le joug aux cornes. Mais, quand une paire de bœufs était bien dressée, elle savait labourer seule et revenir lorsqu'elle avait atteint le bout du champ. Ce n'est que beaucoup plus tard que l'on a vu arriver le premier tracteur, celui de M. RAMBAUD, avec des roues en fer !

Le père de Pierre, lui, avait aussi un cheval. Le cheval, c'était plus simple pour travailler, d'abord parce qu'il travaillait seul, et puis pas besoin de le dresser comme les bœufs ! En plus, il tirait la carriole, une magnifique carriole dans laquelle ils allaient, notamment, toutes les semaines, chercher sa sœur qui était en pension à Allevard.

Entre les deux guerres, il y avait beaucoup de vignes à St-Maximin. La production annuelle de la famille MURGIER était d'environ 100 hectolitres... Ce n'était pas rien ! Bien évidemment, ce n'était pas que pour la consommation personnelle... Le vin ne « titrait » pas beaucoup, à peine 8° les bonnes années, mais il avait cette acidité, nécessaire pour une bonne conservation. Du coup, le vin familial était acheté par des négociants qui le coupaient avec du vin du midi qui, lui, titrait plus, mais se conservait beaucoup moins bien.

Les vignes alternaient avec des bandes de terrain cultivées de 7 à 8 mètres de large. C'était une spécificité de St-Maximin : la vigne en « treilles ». Mais, plus tard, avecMurgier-Noelle l'apparition des tracteurs, on a arraché une treille sur deux pour pouvoir mieux passer et progressivement, depuis la fin de la guerre, on a arraché quasiment toutes les vignes.

Pendant leur activité, dans l'après-guerre, Pierre MURGIER et son épouse, Noëlle (86 ans), ont surtout produit des fruits. Rassurez-vous, même à leur âge, ils sont toujours actifs et n'ont pas le temps de s'ennuyer... Ils sont, comme beaucoup de retraités, plus actifs que les actifs !

 

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